Baromètre économique Swissmechanic – Février 2026
(Source : BAK Economics, février 2026: Ausdauer statt Aufbruch – MEM-KMU kämpfen weiter gegen… )
L’année 2026 débute dans un environnement toujours tendu pour les PME de l’industrie MEM. Près de trois quarts des entreprises évaluent leur situation actuelle comme défavorable et l’indice du climat des affaires demeure nettement en territoire négatif, autour de –30 points. Si la situation ne continue plus à se détériorer, aucun véritable rebond ne se dessine pour autant. Le secteur se trouve dans une phase de stabilisation à bas niveau, marquée par la prudence, la consolidation et la recherche d’efficacité plutôt que par une dynamique de croissance.
Figure 1: Illustration 1 : Indice du climat des affaires des PME de la branche MEM de Swissmechanic

Sur le plan macroéconomique, les perspectives restent modérées. La croissance du PIB suisse devrait atteindre 0,9 % en 2026, tandis que l’Union européenne progresserait de 1,2% et les États-Unis de 2,8%. Le taux de chômage en Suisse est attendu à 3,3% en moyenne annuelle. Le franc suisse demeure fort, autour de 0,93 CHF pour un euro et 0,80 CHF pour un dollar américain. Dans ce contexte, le ralentissement du commerce mondial, les incertitudes géopolitiques persistantes et le maintien de droits de douane américains à un niveau élevé continuent de peser sur les industries exportatrices, dont la branche MEM.
Au niveau des entreprises, le quatrième trimestre 2025 a confirmé la pression sur l’activité. Plus de 40 % des entreprises ont enregistré une baisse de leurs commandes et de leur chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, tandis qu’environ 20% ont connu une progression. Les marges EBIT se sont contractées pour près de la moitié des entreprises. Pour le premier trimestre 2026, une majorité d’entre elles anticipe une stabilisation des commandes et du chiffre d’affaires, même si 25 à 30% s’attendent encore à un recul.
La visibilité reste limitée. Si 72% des entreprises disposent d’un carnet de commandes couvrant au moins quatre semaines de production, seules 18% bénéficient d’une visibilité supérieure à douze semaines. Le taux d’utilisation des capacités demeure inférieur à la moyenne de long terme de 86%, même si certains indicateurs laissent penser que le point bas a été atteint. Sur le plan de l’emploi, 70% des entreprises prévoient de maintenir leurs effectifs, 19% envisagent une réduction et 17% recourent actuellement au chômage partiel.
Figure 2: Utilisation des capacités de production

En matière d’investissements, environ deux tiers des entreprises maintiennent leurs capacités de production. Toutefois, 26% déclarent être freinées par des restrictions financières, principalement en raison d’un manque de fonds propres. Dans l’ensemble, la prudence domine : les entreprises privilégient l’optimisation des coûts, l’amélioration des processus et la consolidation de leur position plutôt que des projets d’expansion ambitieux.
La réduction des droits de douane américains, passés de 39% à 15%, apporte un certain soulagement, mais celui-ci est majoritairement perçu comme modéré et ne constitue pas un véritable tournant conjoncturel. Les mesures d’adaptation mises en place se concentrent essentiellement sur l’optimisation des coûts et des processus, tandis que les délocalisations de production restent marginales.
S’agissant du remboursement des crédits Covid, 80% des entreprises ne le considèrent pas comme une contrainte financière majeure. Les facteurs les plus déterminants pour leur situation financière demeurent la dynamique des commandes, les coûts du personnel et le niveau du franc suisse. Néanmoins, plus de la moitié des entreprises attendent un engagement politique au niveau fédéral sur cette question.
Figure 3: Les principaux défis

En conclusion, l’industrie MEM évolue dans un environnement caractérisé par une demande faible, une visibilité réduite, des incertitudes persistantes et un franc fort. La situation s’est stabilisée, mais à un niveau bas. Les entreprises privilégient aujourd’hui la résilience, la discipline financière et l’optimisation opérationnelle plutôt que des stratégies d’expansion. Dans ce contexte exigeant, des conditions-cadres économiques stables, prévisibles et favorables à la compétitivité demeurent essentielles pour soutenir durablement la branche.
Nicola Tettamanti, président de Swissmechanic, déclare: «Nos PME font preuve d’une grande persévérance. Cependant, une stabilisation à un niveau bas n’est pas encore synonyme de reprise. Il faut des conditions-cadres fiables et des signaux de stabilité politique qui permettent des investissements et créent une sécurité de planification.» Erich Sannemann, directeur de Swissmechanic, ajoute: «Les entreprises réagissent de manière pragmatique: elles optimisent les processus, assurent leurs liquidités et maintiennent autant que possible la stabilité de leurs effectifs. Cette résilience est impressionnante – mais elle ne doit pas être considérée comme une évidence.»